En ce dimanche 8 juin, bienvenue dans la région du Kansai (Centre-Ouest) qui abrite, entre autres, les villes Ōsaka, Kōbe, Kyōtō ou encore Nara. Nous allons nous intéresser à la préfecture d’Ōsaka (大阪府) ou Ōsaka-fu qui est bordée par les villes de Kyōtō, Nara, Hyōgo ou encore Wakayama. Ōsaka est la troisième plus grande ville du pays, de nombreuses compagnies y sont basées. La préfecture est la deuxième plus peuplée de l’archipel avec près de 9 millions d’habitants. Il existe deux aéroports internationaux à proximité d’Ōsaka : celui d’Ōsaka même, et l’aéroport international du Kansai situé sur une île artificielle sur la mer au sud de la ville ! Pour finir je tiens à préciser que le fameux Osamu Tezuka était originaire d’Ōsaka
Lady Snowblood ou Shurayukihime (修羅雪姫) est un film japonais réalisé par Toshiya Fujita, sorti en 1973. D’une durée de 97 minutes, il conte l’histoire d’une mère, privée de sa famille, humiliée et violée, qui donne naissance à une fille qui devra assouvir sa vengeance. Yuki, la fille sera élevée pour devenir un instrument de vengeance redoutable.
Le rôle principal de Yuki est tenu par Meiko Kaji, qui joue également dans le deuxième volet sorti l’année suivante : Lady Snowblood 2 : Love Song of Vengeance. Le film a inspiré fortement Quentin Tarantino pour Kill Bill. Une chanson de Meiko Kaji (the Flowers of Carnage), qui était alors aussi chanteuse, est sur la bande originale du film. Le film a également inspiré un manga de Kazuo Koize et Kazuo Kamimura traduit en 2005 en anglais pour Dark Horse Comics puis en français chez Kana dans la collection Sensei en 2 doubles tomes en novembre 2007.
L’Ekiben (駅弁) est un type spécial de boîte à bentō (弁当) vendu dans les trains et gares au Japon. D’abord vendu dans une gare au nord de Tōkyō en 1885 sous forme d’une boule de riz dans une feuille de bambou, maintenant l’Ekiben est très varié, il en existe beaucoup de sortes. Ils sont souvent vendus dans des stores ou des plateformes en face des trains se qui facilite la vente et est plus pratique pour les voyageurs. De nombreuses gares du pays sont devenues célèbres en vendant des Ekiben spéciaux faites à partir de spécialités locales, ce qui a pour effet d’attirer les fins gourmets
Comme vous vous en êtes déjà sans doute rendu compte en regardant des photos prises au Japon, en ville surtout, de nombreux japonais portent un drôle de masque, qui ressemble à un masque de chirurgien !
Alors à quoi sert ce masque ? Il ne sert justement pas à se protéger de la pollution ou des microbes des autres, mais au contraire à protéger les autres de ses propres microbes. En effet, il est de coutume de respecter la santé d’autrui au Japon et d’empêcher les microbes de son petit rhume des foins à laisser se propager. Le masque anti bactérien se vend un peu partout dans les supermarchés, les conbini, les pharmarcies… et est très pratique à l’approche de la saison des pluies, qui commence d’ailleurs, et quand les pollens n’en font qu’à leur tête
Hayao Miyazaki (宮崎 駿) est un réalisateur japonais de films d’animation. Il est né le 5 janvier 1941 et il est le cofondateur du Studio Ghibli. Ses oeuvres sont presque inconnues en Occident jusqu’en 1999, sauf peut être par certains initiés, avec la sortie internationale de Princesse Mononoke. Ses films rencontrent un grand succès partout dans le monde, surtout au Japon où certains ont battu des records d’affluence.

Il explore souvent les mêmes thèmes principaux comme la relation à l’humanité, la nature, l’écologie, la technologie. En 2006, le magazine Time le place comme une personnalité asiatique des plus importantes des 60 dernières années. Son enfance est marquée par la seconde guerre mondiale qui a dévasté Japon. Cela inspirera beaucoup son oeuvre. Son père est directeur de Miyazaki Airplane, une entreprise aéronautique qui produit des ailerons pour des avions japonais. Cela a fort marqué Hayao Miyazaki, et cela se ressent beaucoup dans ses films, où l’aviation est très présente (dans Porco Rocco ou Laputa par exemple).
Films (en tant que réalisateur) :
- 1978 : Conan le fils du futur (未来少年コナン)
- 1979 : Lupin III : Le château de Cagliostro (ルパン三世カリオストロの城)
- 1984 : Nausicaä de la vallée du vent (風の谷のナウシカ)
- 1986 : Laputa – Le château dans le ciel (天空の城ラピュタ)
- 1988 : Mon voisin Totoro (となりのトトロ)
- 1989 : Kiki la petite sorcière (魔女の宅急便)
- 1992 : Porco Rosso (紅の豚)
- 1997 : Princesse Mononoke (もののけ姫)
- 2001 : Le voyage de Chihiro (千と千尋の神隠し)
- 2004 : Le château ambulant (ハウルの動く城)
- 2008 : Ponyo sur une falaise (崖の上のポニョ)
Je vais introduire un sujet qui revient souvent quand on parle de l’imaginaire, du bestiaire, de la mythologie ou de la religion au Japon. Il s’agit de certaines superstitions, souvent liés à ces thèmes précis ou à des légendes urbaines, ou tout simplement à des (in)habitudes de chaque jour
Le nombre 4, se prononce en japonais YON mais également SHI, qui peut aussi désigner la mort. De ce fait, on n’offre pas de bouquet de fleurs par 4 par exemple. De la même manière, il n’existe pas de 4ème étage au Japon, c’est à dire de 3ème étage puisque le rez de chaussée est considéré comme le premier étage, logique finalement ! De même, éviter le nombre 9 qui peut se prononcer de la même manière que le mot souffrance, dans les hôpitaux il n’y a donc pas de chambres 9 !
Si vous vous rendez au restaurant japonais ou chez des amis japonais, ne plantez sous aucun prétexte vos baguettes dans les plats. Cet acte fait référence à un rite funéraire bouddhiste et serait mal interprété. De même, ne pas se transmettre d’aliments de baguettes en baguettes, cela fait partie aussi d’un rite funéraire bouddhiste. En effet, lorsqu’un défunt est incinéré, le personnel passe les cendres de baguettes à baguettes. Il ne faut pas dormir la tête au mort, car c’est de cette façon que l’on enterre les morts. Lorsqu’un corbillard passe, il est de coutume de cacher les pouces. De même, en passant près d’un cimetière il est conseillé de cacher les pouces, car ils représentent les parents. Il est aussi dit que celui qui se coupe les ongles le soir, ne sera pas avec ses parents quand ils mourront.
Une façon d’empêcher les enfants de s’allonger après avoir manger est de leur dire qu’ils se transformeront en vache si ils le font. Si vous sifflez la nuit vous attirerez les serpents. Les corbeaux et chats noirs ont aussi une mauvaise réputation. Si vous mettez un chat noir sur un cercueil le défunt se réveillera. Le Yakudoshi correspond à vos années d’infortune. Pour un homme il s’agit des 25ème, 42ème et 61ème anniverssaires. Pour une femme il s’agit des 19ème, 33ème et 37ème anniverssaires…
Je reviendrai sûrement dans un autre article sur d’autres superstitions, qui vont bon train au Japon, et sont très nombreuses dans beaucoup de domaines
Takeshi Kitano (北野 武), surnommé Beat Takeshi (ビートたけし) de par son ancienne carrière de comique, est un réalisateur, acteur, animateur de télévision, peintre, chanteur et comique japonais. Il est né le 18 janvier 1947 à Tōkyō. Il quitte l’université Meiji où il faisait des études d’ingénierie, pour trouver un petit travail comme garçon d’ascenceur dans une boîte de nuit du quartier Asasuka à Tōkyō qui faisait office de théâtres de sketches comiques entre autres. Un jour il remplace directement un comique absent.
En 1972, il crée avec un ami Kiyoshi Kaneko, les Two Beats (Beat Takeshi et Beat Kiyoshi) et fait des manzai, c’est à dire des sketchs d’improvisation verbale. Sa performance lui vaut d’être approché par un producteur de télévision qui lui propose de devenir animateur. Il accepte et devient l’animateur que le Japon connaît.
En 1983, le réalisateur de l’Empire des Sens (1976), Nagisa Oshima, l’engage pour jouer dans son film Furyo (qui signifie “voyou”), dans le rôle d’un sergent sadique d’un camp de militaires pendant la seconde guerre mondiale. On lui propose de remplacer Kinji Fukasaku à la réalisation de Violent Cop en 1989. En 1994 il est victime d’un grave accident de moto, qui l’oblige à subir une opération chirurgicale pour retrouver l’usage d’un côté de son corps, alors paralysé. C’est l’origine des tics qu’on lui connaît, il a admis que l’accident était en fait une tentative de suicide.
La carrière de Takeshi balance entre deux facettes : Takeshi Kitano, qui apparaît comme l’homme sérieux, impassable, et Beat Takeshi, toujours près à déconner. Dans ses films on le retrouve souvent dans la peau d’un homme calme et marqué. Il a été fort inspiré par Kinji Fukasaku, un pionnier dans le film de Yakuza, à qui il rend hommage dans Sonatine. Beat Takeshi joua d’ailleurs dans l’un des derniers films de Fukasaku, Battle Royale, où il incarne un professeur. Il a réalisé, entre autres, les films suivants : Violent Cop, Jugatsu, Sonatine, Hanabi, L’été de Kikujiro, Aniki mon frère, Dolls, Zatoichi… On peut aussi noter que jusqu’en 2002 avec Dolls, le principal compositeur des musiques de ses films a été Joe Higashi.
Il faut aussi préciser qu’il a sorti quelques albums en tant que chanteur au Japon et qu’il a peint pendant sa convalescence en 1994. On retrouve beaucoup de ses peintures tout au long du film Hanabi. Pour l’anecdote il a même sorti un jeu vidéo sur Famicon (la NES) au Japon uniquement en 1986. Le but du jeu était d’accomplir des actions impossible comme frapper un boss 20 000 fois, ou chanter 1 heure sans s’arrêter avec le micro de la NES, appuyer 4 heures sur la touche Select ! Sur l’écran titre on lit “Ce jeu a été réalisé par quelqu’un qui déteste les jeux vidéo.”
On descend encore un peu plus dans Honshū pour s’intéresser ce dimanche à la préfecture la plus peuplée du Japon, qui est pour ainsi dire la mégapole la plus dense du monde avec près de 35 millions d’habitants (agglomération comprise) avec Yokohama et d’autres villes de la baie de Tōkyō.
La préfecture de Tōkyō (東京都) ou métropole de Tōkyō est une préfecture située à l’est de Honshū dans la région du Kantō. On la désigne souvent par métropole “To” (都), au même titre que Kyōtō et Osaka, alors que les autres préfectures sont désignées par “Ken” (県).
Comme la préfecture d’Osaka, la préfecture de Tōkyō n’est pas divisée en districts, ni en sous préfectures mais directement en municipalités. La préfecture a été fondée au XIXème siècle comme beaucoup d’autres. Dans les temps féodaux elle faisait partie de la province de Musashi. Sous le règne Tokugawa Ieyasu, devenu Shogun en 1602, Edo (ancien nom de Tōkyō) devient la ville du Shogun, le centre politique du Japon. Tous les daimyōs (grosso modo les seigneurs féodaux) avaient leur maison à Edo. Au XIVème, Edo est devenu aussi le centre culturel du Japon. Cependant la vraie capitale est longtemps restée Kyōtō. Ce n’est qu’en 1868 avec la restauration de Meiji et des pouvoirs de l’Empereur, qu’Edo est renommée Tōkyō (littéralement “la capitale de l’Est”) et qu’elle devient la capitale du Japon. La préfecture est fondée en 1871 et la ville de Tōkyō en 1889. En 1942 la préfecture et la ville fusionnent pour créer la métropole de Tōkyō. Les Jeux Olympiques ont lieu à Tōkyō en 1964, l’infrastructure de la préfecture a été reconstruite pour cet évènement. La préfecture de Tōkyō est entourée par celle de Chiba à l’est, Kanagawa au sud-ouest, Yamanashi à l’ouest et Saitama au nord. Géographiquement, la préfecture se divise en 3 parties : la plaine du Kantō, les collines de Tama et les îles du Pacifique.
Rashōmon (羅生門) est connu pour être un film de Akira Kurosawa, sorti en 1950 en noir et blanc. Il est inspiré de deux nouvelles d’Akutagawa Ryōnosuke : Rashōmon et Dans le fourré. Ce sont deux nouvelles parues respectivement en 1914 et en 1922, qui ont été réunies pour les besoins du films.
Dans le Japon féodal, à l’époque Heian, aux alentours du Xème siècle, pendant une guerre civile, un lieutenant de police reçoit plusieurs versions d’un meurtre qui a été commis dans un fourré, dont celle de l’assassin, de la veuve de la victime, d’une sorcière. Le film commence sous la porte Rashō, connue pour être un cimetière à ciel ouvert. L’assassin est interprété par le brillant Toshirō Mifune (1920-1997) qui a joué aussi dans Entre ciel et terre et les 7 samouraïs.
Takashi Miike (崇史 三池) est un réalisateur japonais né en 1960 près d’Osaka. Il a réalisé plus de cinquante oeuvres pour le théâtre, le cinéma et la télévision depuis ses débuts en 1991. Il entre à 18 ans à l’Academy of Broadcasting and Film de Yokohama et en ressort diplômé. Il fait ses débuts à la télévision en réalisant quelques téléfilms.
Dans les années 1990 il réalisa plusieurs films sortis directement sur cassettes vidéo, appelés V-cinéma. En 1994, il se rend célèbre avec le film Les apprentis de Shinjuku, un film de yakuza. Il réalisera d’autres films de yakuza dont la trilogie Dead or Alive. Il réalisa différents films aux styles très éloignés, ne pouvant classer réellement chacune de ses réalisations dans un style bien précis, tant le passage d’un genre à un autre saute aux yeux. On peut citer le cynique Audition (1999), l’ultra violent Ichi the Killer, adapté d’un manga (2001), le bizarre Gozu (2003), le dérangeant Chakushin Ari (2003) et plus récemment l’historique Izo (2004) inspiré de faits du début de l’ère Meiji.