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Hayao Miyazaki (宮崎 駿) est un réalisateur japonais de films d’animation. Il est né le 5 janvier 1941 et il est le cofondateur du Studio Ghibli. Ses oeuvres sont presque inconnues en Occident jusqu’en 1999, sauf peut être par certains initiés, avec la sortie internationale de Princesse Mononoke. Ses films rencontrent un grand succès partout dans le monde, surtout au Japon où certains ont battu des records d’affluence.

Il explore souvent les mêmes thèmes principaux comme la relation à l’humanité, la nature, l’écologie, la technologie. En 2006, le magazine Time le place comme une personnalité asiatique des plus importantes des 60 dernières années. Son enfance est marquée par la seconde guerre mondiale qui a dévasté Japon. Cela inspirera beaucoup son oeuvre. Son père est directeur de Miyazaki Airplane, une entreprise aéronautique qui produit des ailerons pour des avions japonais. Cela a fort marqué Hayao Miyazaki, et cela se ressent beaucoup dans ses films, où l’aviation est très présente (dans Porco Rocco ou Laputa par exemple).

Films (en tant que réalisateur) :

  • 1978 : Conan le fils du futur (未来少年コナン)
  • 1979 : Lupin III : Le château de Cagliostro (ルパン三世カリオストロの城)
  • 1984 : Nausicaä de la vallée du vent (風の谷のナウシカ)
  • 1986 : Laputa – Le château dans le ciel (天空の城ラピュタ)
  • 1988 : Mon voisin Totoro (となりのトトロ)
  • 1989 : Kiki la petite sorcière (魔女の宅急便)
  • 1992 : Porco Rosso (紅の豚)
  • 1997 : Princesse Mononoke (もののけ姫)
  • 2001 : Le voyage de Chihiro (千と千尋の神隠し)
  • 2004 : Le château ambulant (ハウルの動く城)
  • 2008 : Ponyo sur une falaise (崖の上のポニョ)

Je vais introduire un sujet qui revient souvent quand on parle de l’imaginaire, du bestiaire, de la mythologie ou de la religion au Japon. Il s’agit de certaines superstitions, souvent liés à ces thèmes précis ou à des légendes urbaines, ou tout simplement à des (in)habitudes de chaque jour :D

Le nombre 4, se prononce en japonais YON mais également SHI, qui peut aussi désigner la mort. De ce fait, on n’offre pas de bouquet de fleurs par 4 par exemple. De la même manière, il n’existe pas de 4ème étage au Japon, c’est à dire de 3ème étage puisque le rez de chaussée est considéré comme le premier étage, logique finalement ! De même, éviter le nombre 9 qui peut se prononcer de la même manière que le mot souffrance, dans les hôpitaux il n’y a donc pas de chambres 9 !

Si vous vous rendez au restaurant japonais ou chez des amis japonais, ne plantez sous aucun prétexte vos baguettes dans les plats. Cet acte fait référence à un rite funéraire bouddhiste et serait mal interprété. De même, ne pas se transmettre d’aliments de baguettes en baguettes, cela fait partie aussi d’un rite funéraire bouddhiste. En effet, lorsqu’un défunt est incinéré, le personnel passe les cendres de baguettes à baguettes. Il ne faut pas dormir la tête au mort, car c’est de cette façon que l’on enterre les morts. Lorsqu’un corbillard passe, il est de coutume de cacher les pouces. De même, en passant près d’un cimetière il est conseillé de cacher les pouces, car ils représentent les parents. Il est aussi dit que celui qui se coupe les ongles le soir, ne sera pas avec ses parents quand ils mourront.

Une façon d’empêcher les enfants de s’allonger après avoir manger est de leur dire qu’ils se transformeront en vache si ils le font. Si vous sifflez la nuit vous attirerez les serpents. Les corbeaux et chats noirs ont aussi une mauvaise réputation. Si vous mettez un chat noir sur un cercueil le défunt se réveillera. Le Yakudoshi correspond à vos années d’infortune. Pour un homme il s’agit des 25ème, 42ème et 61ème anniverssaires. Pour une femme il s’agit des 19ème, 33ème et 37ème anniverssaires…

Je reviendrai sûrement dans un autre article sur d’autres superstitions, qui vont bon train au Japon, et sont très nombreuses dans beaucoup de domaines :)

Kintarō (金太郎) est un personnage célèbre du folklore japonais. C’est un héros, son nom peut se traduire par “Tarō le doré”, “Tarō d’or” ou encore “le garçon doré”. C’est un enfant à force surhumaine, qui est élevé par une ogresse sur le mont Ashigara. C’est l’ami des animaux de la montagnes. Plus tard en battant la terreur de la région, Shutendōji, il devient le disciple de Minamoto no Yorimitsu (源頼光, 944-1021).

C’est un personnage populaire des théâtres Nō et Kabuki. On expose des poupées et statuts de Kintarō le jour de la fête des garçons, dans l’espoir de voir les enfants devenir aussi fort que lui. C’est un personnage très connu au Japon, il est représenté un peu partout, sur des statuts, dans les livres de contes, les anime, les manga et autres goodies en tous genres. Il existe un sanctuaire dédié à Kintarō, situé au pied du mont Kintoki dans la région de Hakone près de Tōkyō. On y trouve un rocher qui aurait été coupé en deux par Kintarō lui-même.

Le Tanuki (タヌキ) ou chien viverrin (Nyctereutes Procyonoides) est un animal qui ressemble à un raton-laveur mais qui appartient à la famille des canidés. C’est le seul canidé qui hiberne et la seule espèce du genre Nyctereutes.

Ce petit canidé hibernant est plus un opportuniste qu’un prédateur, il se nourrit de petits rongeurs, de charognes, d’oeufs, et d’insectes entre autres. Son poids augmente à l’automne en vue de faire des réserves pour son hibernation !

Alors pourquoi parler du tanuki (qui est le nom donné uniquement au Japon pour cette espèce) ? C’est une créature qui fait partie de l’imaginaire des Yōkai de la forêt. Il est représenté au Moyen Âge japonais sur des rouleaux avec d’autres Yōkai. Une des caractéristiques du tanuki sur ces représentations est qu’il possède des testicules hors catégorie, qui lui servent de parapluie ou pour la pêche. Pratique le gadget ! :) Ils peuvent aussi se transformer en plaçant une feuille d’arbre sur leur tête, à la manière du Kitsune (renard).

Le Tanuki est toujours à la mode au Japon. Isao Takahata lui a rendu “hommage” en 1994 dans le dessin animé Pompoko. Le cri du tanuki le plus répendu est “Ponpokopon” (ポンポコポン). Il revient souvent dans beaucoup de manga et animés.

Le mot Yōkai (妖怪) signifie “phénomène étrange dont on se méfie”. Ils sont un ensemble de fantômes, monstres, créatures imaginaires, esprits, divinités locales qui appartient aux traditions populaires japonaises. Les Yōkai sont souvent associés aux rites shintō et au bouddhisme alors que les vraies divinités de ces religions ne font pas parties de ce groupe. Ils sont présents dans des contes anciens et des estampes de deux périodes. Tout d’abord pendant l’ère Heian (~ 700 ap J-C) où ils font leur “apparition” puis pendant l’ère Edo, le moyen âge japonais, qui a vu se développer un commerce avec les hollandais d’abord avant la fermeture totale du pays, puis à la fin de l’ère Edo au XIXème siècle quand le shogunat est tombé, laissant la part belle à toute sorte de légendes urbaines et monstres en tous genres.

Shigeru Mizuki, un mangaka reconnu de gekiga, a été très fasciné par les Yōkai et les a beaucoup étudiés. En 2007, il a remporté le prix du meilleur album du festival d’Angoulême pour NonNonBâ qui met en scène des Yōkai. Depuis il a sorti “Yōkai, dictionnaire des monstres japonais” en deux volumes (A/K et L/Z) qui regroupe plus de 500 de ces créatures du bestiaire nippon.

Le nom de ce blog est d’ailleurs tiré de l’un de ces monstres. J’ai raccourci le nom pour proposer une adresse correcte. Il s’agit de Happyaku Yadanuki qui signifie “les 800 (happyaku) blaireaux”. Ces Yōkai font partie du groupe de créatures pouvant se métamorphoser. Leur histoire se déroule au mont Iyo Matsuyama sur l’île de Shikkoku. Ils sont réputés pour chasser les renards et donc aider les populations locales qui leur en sont reconnaissantes. Enfin voilà pour l’anecdote :)